PLAYA

Les 31août, 1er et 2 septembre à 21h sur le Parvis de la Kasbah des Gnaouas

Les plages sont l’espace de tous les fantasmes. Elles incarnent les vacances, le bien-être, l’enfance mais aussi l’ailleurs, les chasses au trésor, les châteaux éphémères et les marins disparus.

Mais la réalité de ces fantasmes semble tous les jours un peu plus menacée : ensevelie sous les détritus, engloutie par les collecteurs de sable, effacée sous la masse de ses visiteurs, avalée par des intempéries toujours plus agressives, privatisée et dénaturée par des chaînes hôtelières. La plage est un espace en sursis.

Et pourtant, cet espace ne nous est-il pas essentiel ?

Espace de parole et d’échange mais aussi lieu du corps et du geste, on y a vu naître des arts et des cultures : sculptures et dessins éphémères, pyramides humaines, acrobatie au Maroc, bodybuilding aux États-Unis…

Mais ce qui caractérise le plus en profondeur cet espace ce sont les modes de socialisation spécifiques permis par cet espace atypique :

Limite physique, la plage fait pourtant tomber les limites sociales ; sur les plages se rencontrent et se mélangent locaux et touristes, riches et pauvres, jeunes et vieux… Mais, même quand la quasi nudité tend à effacer les différences de cultures et d’origines, la façon dont chacun se comporte dans cet espace révèle souvent une grande individualité.

Ainsi, la plage est un espace qui fait l’objet d’une reconstruction mentale permanente. Cet espace devient ainsi tour à tour « moral » ou « immoral » par la subjectivité de nos regards. C’est un lieu rare où se côtoient passants en costume et nageurs en maillot de bain ; tout l’enjeu pour le nageur étant de savoir où se trouve la limite socialement acceptable de « la plage ».

Cette création s’interrogera donc sur la place qu’occupent les plages dans nos sociétés et celle que l’avenir leur réserve. Pour ce faire, je ferai appel non seulement à mon imaginaire et à celui de la dramaturge et de la scénographe mais aussi à celui des élèves, notamment à travers un travail d’improvisation thématique. J’aimerais par ailleurs nourrir la réflexion de nombreuses autres références (peinture, cinéma…).

Afin de retranscrire la préoccupation écologique qui est l’un des points centraux de cette création, la scénographie mêlera deux imaginaires : celui de la plage et celui de la décharge à ciel ouvert ; l’espace pouvant être vu tout à la fois comme une décharge que les habitants fantasment en plage ou comme une plage transformée en décharge.

Karim Troussi, metteur en scène

Émilie Malosse, auteur

de la Compagnie du Jour

 

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